Quel choix faire entre le statut de micro-entreprise et le portage salarial ? ( Crédits photo: © pointstudio - stock.adobe.com)
3 millions : tel est le nombre de micro-entrepreneurs en France. Un chiffre nettement supérieur au nombre de personnes en portage salarial, 200 000. Pourtant, ce statut a aussi ses avantages. Le match.
Vous exercez une activité de prestation de services pour une ou plusieurs entreprises ? Vous pouvez choisir de passer par une micro-entreprise ou par le portage salarial pour travailler de façon indépendante. Rentabilité, sécurité, droit au chômage, protection sociale, accès au crédit bancaire… cette décision n'est pas sans conséquences, et chacun de ces statuts offre des avantages bien distincts. Le comparatif des atouts de la micro-entreprise et du portage salarial.
Rentabilité financière : avantage à la micro-entreprise
C'est là l'un des principaux avantages de la micro-entreprise en comparaison avec le portage salarial : sa rentabilité. En effet, les micro-entrepreneurs profitent du régime micro-social et paient des cotisations sociales limitées à 21,20 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (soumises au régime des Bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC) et à 25,6 % pour les autres prestations de services (soumises au régime des Bénéfices non-commerciaux ou BNC) sur leur chiffre d'affaires.
Pour comparaison, en portage salarial, les charges représentent entre 45 et 55 % du revenu brut, incluant à la fois les frais de gestion et les cotisations sociales. En revanche, par rapport à un micro-entrepreneur, le salarié porté profite d'une meilleure protection sociale. "Les indépendants qui choisissent le portage salarial sont salariés de la société de portage et bénéficient de la sécurité et de la protection sociale attachées à ce statut" résume à ce sujet le site des Professionnels de l'emploi en portage salarial (PEPS).
Le micro-entrepreneur doit ainsi prévoir des coûts supplémentaires par rapport à un salarié porté. Il doit notamment payer lui-même sa mutuelle santé (entre 80 et 150 euros par mois), souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (entre 200 et 500 euros par an), contracter une prévoyance individuelle ou encore s'équiper d'outils de gestion et de comptabilité adaptés à son activité. Autant de coûts qui, en portage salarial, sont supportés en toute ou partie par l'employeur.
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Sécurité et protection sociale : avantage au portage salarial
Si, d'un point de vue financier, l'exercice de son activité indépendante en micro-entreprise est généralement plus rentable qu'en portage salarial, un autre critère de choix important doit être pris en compte : la sécurité qu'apporte chaque statut. En micro-entreprise, il n'existe pas de droit au chômage et le niveau de protection sociale est faible. En outre, l'accès au crédit bancaire est parfois difficile, les banques jugeant les revenus des micro-entrepreneurs trop fluctuants ou incertains.
En portage salarial, le niveau de protection sociale est celui d'un salarié classique. Retraite, chômage, mutuelle santé… les avantages de ce statut ne manquent pas. Dans certaines entreprises, il est également possible de profiter d'un contrat de prévoyance et d'un dispositif d'épargne salariale. En outre, en portage salarial, il n'est pas nécessaire de s'immatriculer, d'avoir un numéro SIRET et de payer la Cotisation foncière des entreprises (CFE).
De manière générale, le choix entre la micro-entreprise et le portage salarial doit se faire en connaissance de cause. Le futur micro-entrepreneur doit ainsi être pleinement conscient des inconvénients de ce statut et en tenir compte dans la préparation et la sécurisation de son avenir. Le choix entre l'un ou l'autre de ces statuts est avant tout déterminé par le niveau de risque que le travailleur indépendant est prêt à prendre.
Bon à savoir : parfois, le statut de salarié porté est imposé par les entreprises elles-mêmes, certaines grandes sociétés refusant de travailler avec des micro-entrepreneurs.

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